Deezer botte le train au P2P
by maxschleiffer
J’aurai pu intituler cet article Chronique d’une mort annoncée, mais cela aurait fait trop triste, et puis la star de mon histoire, c’est bien Deezer…
La révolution Deezer
Deezer, c’est un peu un robinet à musique gratuite. Avant, la musique en streaming, c’était comme LastFm, des bouts de chanson disponible à l’écoute. Mais Deezer, (c’est ce qui a suscité une vive réaction dans un premier temps des maison de disques) a permis une écoute gratuite, complète d’albums, et même leur téléchargement via un module qui faisait fi des protections mises en place sur le site.
C’est après sa mise en service que Deezer a réussi à obtenir l’aval des auteurs par le biais de la Sacem pour une rétribution financière grâce au revenus engrangés par le biais de la publicité en ligne, le modèle économique choisi qui est gage de gratuité pour les internautes. Des labels indépendants se sont joints à Deezer et en octobre 2007, un accord couvrant la France a été signé avec la maison de disques Sony BMG. Reste que certains producteurs continuaient à réclamer leur part du gâteau, à l’instar d’Universal Music, faisant planer la menace d’une fermeture du site pour cause d’exploitation illégale de son catalogue (une opération purge a suivi).
Le trait d’union entre les maisons de disques et les internautes
Avec la signature d’un accord entre Deezer et Universal Music, qui prévoit le partage des recettes publicitaires du site d’un côté et le partage du catalogue du major d’un autre, Deezer trouve la solution qui arrange tout le monde : le site peut jouir d’une richesse d’œuvres musicales exceptionnelle légalement, l’internaute peut écouter sa musique gratuitement, et les majors gagnent des tunes.
Tout va bien dans le meilleur des mondes, et le méchant (que tout le monde aime en secret) est puni. Je veux bien sûr parler du P2P.
Un concept qui détourne, une page qui se tourne
L’âne d’Emule peut braire. Depuis quelques temps, le P2P est montré du doigt : la mission Olivennes validée en novembre dernier par le président Sarkozy, et le Snep qui veut durcir le projet de loi, stigmatisent le comportement des internautes.
Si beaucoup avant téléchargeaient sans se poser de question faute d’alternative et de cadre législatif strictement établi, beaucoup commencent à réfléchir.
Les sites qui répertorient les torrents illégaux ferment les uns après les autres sur décision de justice : le nombres de torrents légaux est plus faible que le nombre de torrent piratés, l’utilité et la pertinence des réseaux P2P est donc remise en cause.
S’ajoute à cela le fait que le Peer-to-peer est moins séduisant à l’usage que l’écoute en streaming.
Compte tenu de l’évolution des technologies, et de la portabilité d’Internet, on peut maintenant écouter des titres depuis son mobile, plus besoin de les télécharger et d’encombrer un disque dur. Plus besoin de se faire sa MP3-thèque, elle est d’ors et déjà disponible ! Du coup plus besoin d’attendre le téléchargement d’un titre pour l’écouter.
Le but des projets de loi étaient de domestiquer la bête sauvage qu’incarnait le P2P. La vérité, c’est qu’ils ne font que dessiner les contours d’une nouvelle tendance : un retour à des services encadrés légalement (fini les dérives du Web 2.0 !), la révolution de la musique en streaming, et la portabilité d’Internet.
Emule, à l’instar de Léo chante «Les temps sont difficileuuh…», tandis que Deezer peut lui faire cocorico…



Cela amènera probablement une solution aux films également. Même si cela existe, il reste une tâche ardue d’écouter un film en ligne. Si on se base sur des études qui prouvent que dans un proche futur, Internet sera 10 fois plus rapide (on parle ici de 2010) et que d’ici là, la loi qui interdit le téléchargement par la force sera passée (d’une manière ou d’une autre) alors le P2P donnera ses dernières volontées.
Les films constituent selon moi le plus gros morceau du P2P, et une substitution sera de mise si ils veulent vraiment enrayer le piratage (autre que ces foutues lois).
Merci pour cet article !
je suis pas vraiment d’accord. le streaming type deezer c’est pratique quand t’es chez un pote et que tu veux lui faire écouter une chanson (encore faut il qu’elle soit en ligne). mais pour écouter de la musique dans la rue avec son balladeur mp3, deezer sert plus à grand chose…d’où l’utilité de se constituer sa « mp3thèque » comme tu dis. je crois qu’emule a encore de beaux jours devant lui, parce que non seulement on peut y choper de la musique (avec un choix beaucoup plus large que sur deezer), mais aussi des films, des jeux vidéos, des programmes, et ainsi de suite.
@Moody
L’avenir n’est plus au P2P, le baladeur puisque tu en parles ne tardera pas à adopter la Wifi, et tu pourras écouter la musique en streaming depuis nimporte quel support.
Aujourd’hui même, c’est techniquement possible d’écouter la musique en streaming depuis un téléphone (ex: le service MP3 Tunes, Phling).
Avec le P2P, tu as une fois dur deux un fichier dont le contenu ou la qualité ne correspond pas aux longues minutes (voir des heures) d’attente. Je ne parle même pas du fait que le contenu soi-disant plus riche comme tu dis, qui est en fait très changeant au cours du temps (des sources apparaissent, d’autres disparaissent), problème que ne connaitrait pas une bibliothèque musicale qui s’enrichirait chaque jour grâce à des accords avec les majors.
Les révolutions ne disent jamais leur nom, c’est pourquoi il faut les prévoir. Dans quelques temps on assistera à un re-boulversement des habitudes de consommation musicale, là ou je te rejoins, c’est que cela peut être demain comme dans quelques années, en fait, la rapidité dépendra de la volonté des acteurs de la musique (artistes indé, majors, etc…) à développer l’idée. Mais on y arrivera de toute manière, c’est pourquoi je maintiens que le P2P est d’ors et déjà condamné.
@max
c’est vrai que le coup du wifi est techniquement faisable, mais on est encore loin d’avoir du wifi partout. déjà dans les grandes villes européennes, pour trouver un endroit où se connecter avec son laptop c’est pas toujours très évident. alors de là à ce qu’on puisse faire du streaming sur son balladeur dans le métro, dans le tgv, dans l’avion ou dans une petite ville de province, c’est loin d’être gagné.
j’ai des goûts musicaux et ciné très divers, du plus mainstream au plus obscur, et j’ai à quelques rares exceptions près toujours trouvé ce que je cherchais sur emule. quant aux fakes, il s’sagit aussi de faire ses recherches correctement. j’ai chopé un tas de films et d’albums sur emule ces dernieres années, et j’ai eu 2 ou 3 fake dans toute ma vie (et de toute facon, c’est toujours très drole de tomber sur un vieux porno allemand de 1982
)
c’est vrai que les modes de consommation musical changent et continuent de changer, mais les gens n’ont pas vraiment conscience de se faire entuber depuis des décennies par l’industrie du disque, que ce soit en payant pour un fichier compressé et protéger, ou en achetant un CD à la fnac pour 25€. je pense que c’est là la clé du problème : tant que les gens accepteront de se faire rouler et avec le sourire, universal, sony et compagnie ne feront pas le moindre effort dans le sens de la modernisation de l’offre. ca fait des années et des années que napster a mis un gros coup de pied dans le système, et pourtant, rien n’a vraiment changé malheureusement.
vu que l’offre est toujours aussi peu attrayante, et que deezer ou last.fm ne répondent pas à la demande de « écoutage de musique dans la rue » par limite technologique (qui risque de durer un bon bout de temps), je crois vraiment qu’emule a encore quelques belles années devant lui.
On prends les paris si tu veux ! C’est marrant que tu parles de Napster, c’était le fleuron du P2P et à cause de la loi, il est devenu un site de téléchargement légal…
ps : tu n’aurais pas un blog moody ? J’aime bien les gens qui ont des opinions
aussi appuyés, même s’ils ne sont pas les miens
on peut parier un divx de porno allemand de 1982 si tu veux
pas de blog pour moi, pas vraiment le temps pour ca
Tu y tiens à ton porno allemand !
Personnellement, je dirai que bloguer remplace des activités moins constructives du style télé, jeux vidéos. Tu serai surpris de voir tout ce qu’on peut faire en dehors
@+ moody
faudrait déjà que j’ai le temps de regarder la télé et de jouer aux jeux vidéos pour pouvoir faire une comparaison
Apparemmet tu as le temps de regarder de temps en temps des films pornos allemands lol
meuh non mais pas du tout
Très bonne article très interessant, quelle belle révoluation que celle de Deezer, espérons que ça tienne!
Et oui pourquoi pas un équivalent pour les films à l’avenir…
Je ne pense pas que deezer soit vraiment en concurrence avec le P2P. C’est un site génial qui satisfait les besoins du consommateur de musique, mais ne permet pas d’accéder au cinéma ni à la TV par exemple, comme le fait encore le P2P assez bien. Les majors sont très fiers d’en parler et semblent encore ignorer qu’il permet de constituer sa MP3thèque. Son existence a pour mérite de montrer la faisabilité du concept, mais il est aussi possible qu’il disparaisse prochainement, comme c’est arrivé au non moins génial Wizzgo (magnétoscope virtuel et numérique), malgré 400 000 inscrits.